04.03.2026 Vishing/smishing/(spear) phishing: obtenir indûment des données personnelles et/ou confidentielles
Véhicule à vendre sur une bourse : des faux acheteurs exigent vos informations
Sur les bourses aux véhicules, des escrocs se font passer pour des acheteurs sérieux et contactent les vendeurs via WhatsApp ou d’autres messageries. Leur but est d’obtenir des informations personnelles pour les réutiliser dans d’autres fraudes.
L’arnaque
Les escrocs répondent à des annonces de véhicules publiées sur des plateformes connues et se présentent comme des acheteurs intéressés. Ils tentent ensuite de déplacer rapidement la conversation vers WhatsApp ou une autre messagerie. Là, ils commencent une conversation normale avec les vendeurs (disponibilité, mode de paiement, rendez-vous). Très vite, ils expliquent habiter loin (plusieurs heures de route) ou à l’étranger. Ils demandent alors des « preuves » que le véhicule existe (documents, numéros, photos), sous prétexte de vouloir éviter une arnaque.
De cette manière, les fraudeurs tentent d’obtenir une copie du permis de circulation ou des documents d’immatriculation. Ces éléments peuvent servir à fabriquer de fausses annonces pour des véhicules inexistants, avec des informations crédibles. Un tel document complet dans les mains des fraudeurs facilite fortement d’autres fraudes.
Ce qui est aussi souvent exigé, c’est une copie de la carte d’identité (recto-verso) ou du passeport. Avec une copie, les escrocs peuvent commettre un abus d’identité, par exemple en ouvrant des comptes en ligne, en créant des profils frauduleux, en tentant de souscrire des contrats, en effectuant des locations ou en réalisant des achats sur facture.
Les escrocs cherchent aussi votre adresse et votre e-mail. Ces informations leur permettent de compléter un « dossier » sur vous (profilage) et de préparer des attaques plus ciblées (aussi appelées « spear phishing »), par exemple des faux messages de plateformes, des notifications concernant de faux paiements, des fausses livraisons ou de la fraude à la commande. Avec ces données personnelles, les messages paraissent nettement plus crédibles.
Si vous refusez, le ton peut devenir insistant, agressif, voire insultant. On observe parfois du gaslighting, les fraudeurs inversent les rôles et tentent de vous faire douter (« si vous étiez honnête, vous enverriez tout »), ils vous culpabilisent et ils vous présentent comme le problème. L’objectif est de pousser la victime à envoyer des données sensibles rapidement, sans qu’il y ait ensuite de véritable rendez-vous ou de transaction sérieuse.
Que dois-je faire
- Signalez les conversations suspectes sur cybercrimepolice.ch.
- N’envoyez pas de copie de votre pièce d’identité, ni de documents complets du véhicule, avant une visite en personne. Rendez-vous dans un lieu public et montrez les originaux sur place uniquement.
- Méfiez-vous des personnes qui invoquent la distance ou l’étranger pour exiger des preuves et accélérer la procédure.
- Stoppez l’échange dès que la discussion devient pressante, incohérente ou agressive.
- Bloquez et signalez le profil sur la plateforme concernée (WhatsApp, messagerie, bourse aux véhicules).
J’ai donné mes informations
- Conservez les échanges et les preuves sous forme adéquate.
- Si vous avez envoyé une copie de vos pièces d’identité, demandez de nouveaux documents afin que les anciens perdent leur validité.
- Si vous avez transmis des informations personnelles ou des documents officiels (papiers du véhicule, extraits d’autorités, etc.), restez vigilant face à des commandes ou des factures inhabituelles et à des annonces suspectes utilisant vos informations et photos.
- Si vous avez connaissance d’un cas concret d’abus de votre identité, de vos informations personnelles ou de vos documents officiels, rendez-vous à votre poste de la police cantonale le plus proche et déposez plainte après avoir pris rendez-vous par téléphone.